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Pitch

Veröffentlicht in français von kaempfer am 23. November 2008
Pitch ne veut rien dire. Si (comme l’indique wikipedia), mais pas „de quoi ça parle, le truc pour lequel tu viens faire de la promo dans mon émission“. Et, dans le temps, c’était le dispositif pour changer la vitesse sur un tourne-disque, ce qui évitait aux musiciens d’avoir à accorder leurs instruments sur le soundtrack (la „bande-son“). Or, en français, on a le joli mot d’intrigue pour exprimer ce que les anglophones appellent plot. L’usage de pitch au sens d’un résumé de spectacle ou d’un teaser relève du franglais franco-français. Comme handy en allemand, qui désigne un téléphone mobile en pays germanophone, mais nulle part ailleurs. Ainsi, on assiste tant à l’émergence d’un pidgin english national qu’à la francisation (ou „nationalisation“) hasardeuse de certains mots anglais comme par exemple télécharger, à la fois pour upload et download. Charger et décharger auraient suffi pour éviter la confusion, mais on voulait peut-être éviter l’allusion sexuelle. Question subsidiaire : les puristes seraient-ils puritains?

Michel Drucker, présentateur de télévision

Veröffentlicht in français von kaempfer am 23. November 2008

Drucker, en allemand, ça veut dire imprimeur ou imprimante. Comme Gutenberg. Et en Allemagne, le prénom Michel fait penser au Deutscher Michel, au brave sujet de l’empereur, obéissant, un peu naïf et conservateur. Mais les prononciations et les accents ne sont pas les mêmes : Droùcker et Mìchel, avec le ch de ich, imprononçable pour les non allemands. Ce serait alors l’imprimeur un peu beauf de nos dimanches après-midi depuis maintenant une quarantaine d’années, passées à contempler le monde des vedettes par la petite lucarne. Or, avec la prononciation française tout change : Drucker (=Drücker) peut vouloir dire déclencheur, un bouton sur lequel on appuie pour allumer quelque chose, une sorte de buzzer. Et drücken, c’est l’action de pousser, de serrer, de coincer. Un Drücker, ça pourrait également être un pusher, un drogué qui s’envoie des trucs par les veines. Sich drücken signifie encore se dérober, éviter de faire quelque chose, et un Drückeberger est quelqu’un qui se fait porter pâle. En pays germanophone, on conseillerait donc plutôt la prononciation allemande de Drucker pour éviter de confondre le bonhomme avec une sonnette droguée ou un irresponsable. Et si Michel est prononcé à la française, on y associera le béret basque, la baguette, le litron et la 2CV. Ou un travesti de Hambourg, transfuge d’une revue parisienne. Outre-Rhin, l’animateur français Michel Drucker serait donc bien avisé de se présenter à l’allemande.