Pitch
Michel Drucker, présentateur de télévision
Drucker, en allemand, ça veut dire imprimeur ou imprimante. Comme Gutenberg. Et en Allemagne, le prénom Michel fait penser au Deutscher Michel, au brave sujet de l’empereur, obéissant, un peu naïf et conservateur. Mais les prononciations et les accents ne sont pas les mêmes : Droùcker et Mìchel, avec le ch de ich, imprononçable pour les non allemands. Ce serait alors l’imprimeur un peu beauf de nos dimanches après-midi depuis maintenant une quarantaine d’années, passées à contempler le monde des vedettes par la petite lucarne. Or, avec la prononciation française tout change : Drucker (=Drücker) peut vouloir dire déclencheur, un bouton sur lequel on appuie pour allumer quelque chose, une sorte de buzzer. Et drücken, c’est l’action de pousser, de serrer, de coincer. Un Drücker, ça pourrait également être un pusher, un drogué qui s’envoie des trucs par les veines. Sich drücken signifie encore se dérober, éviter de faire quelque chose, et un Drückeberger est quelqu’un qui se fait porter pâle. En pays germanophone, on conseillerait donc plutôt la prononciation allemande de Drucker pour éviter de confondre le bonhomme avec une sonnette droguée ou un irresponsable. Et si Michel est prononcé à la française, on y associera le béret basque, la baguette, le litron et la 2CV. Ou un travesti de Hambourg, transfuge d’une revue parisienne. Outre-Rhin, l’animateur français Michel Drucker serait donc bien avisé de se présenter à l’allemande.