«Ces cinq années auront été la présidence de la parole»
par FRANÇOIS HOLLANDE
Je suis candidat à l’élection présidentielle pour redonner à la France l’espoir qu’elle a perdu depuis trop d’années. Les Français souffrent. Ils souffrent dans leurs vies : le chômage est au plus haut parce que la croissance est au plus bas ; la hausse des prix et des taxes ampute leur pouvoir d’achat ; l’insécurité est partout ; leurs emplois s’en vont au gré des fermetures d’usines et des délocalisations industrielles ; l’école, l’hôpital sont attaqués et n’assurent plus l’égalité entre citoyens ; l’avenir semble bouché pour eux et pour leurs enfants ; la jeunesse se désespère d’être maintenue en lisière de la société. Les Français souffrent aussi dans leur âme collective : la République leur paraît méprisée dans ses valeurs comme dans le fonctionnement de ses institutions, le pacte social qui les unit est attaqué, le rayonnement de leur pays est atteint et ils voient avec colère la France abaissée, affaiblie, abîmée, «dégradée».
La dépression économique est là, l’angoisse sociale est partout, la confiance nulle part. J’affirme avec netteté où se situent les responsabilités. Certes, depuis 2008, il y a la crise. Elle est le produit de la mondialisation débridée, de l’arrogance et de la cupidité des élites financières, du libéralisme effréné, sans oublier l’incapacité des dirigeants européens à dominer la spéculation. Il y a surtout les politiques injustes et stériles menées depuis dix ans, les fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat. Il y a donc la responsabilité personnelle de celui qui est au sommet de l’Etat depuis cinq ans.
Un mandat se juge sur ses résultats, une politique sur sa cohérence, un caractère sur sa constance. Comme les choses seraient faciles si l’échec devenait une excuse, si l’expérience – même malheureuse – devenait une justification opportune de poursuivre et l’abandon des promesses, une preuve de courage ! Et pourtant, telle est l’ultime contorsion tentée par le président sortant : incapable de trouver une issue à la crise de la zone euro après seize «sommets de la dernière chance» en à peine deux ans, il voudrait qu’on lui laisse encore le temps d’y porter remède, sans qu’il nous indique – hormis la rédaction d’un nouveau traité européen – ce qui serait de nature à le voir réussir là où il a échoué. Impuissant face à la montée du chômage, le voilà qui convoque une ultime réunion avec les partenaires sociaux pour nous dire qu’il faut traiter avec plus de considération les demandeurs d’emploi. Indifférent aux creusements des inégalités après avoir multiplié les indulgences aux plus fortunés, il annonce, comme pour retrouver une soudaine vertu, qu’il taxera les transactions financières sans nous préciser quand – et comment le pourrait-il dès lors que la décision lui échappe dans son exécution ?
La mystification est grossière. Je ne la sous-estime pourtant pas. Une campagne électorale est un moment particulier, où bien des choses peuvent être dites, bien des mensonges proférés, bien des paradoxes présentés comme des vérités de bon sens. J’entends déjà les lieutenants paniqués de Nicolas Sarkozy prétendre que dans la tempête il ne serait pas sage de changer le capitaine. Ce qui prête à sourire quand le navire s’est échoué. Et bientôt, il ne lui restera plus qu’à proclamer qu’il a changé, que les événements l’ont changé, que la fonction l’a changé, que l’échec l’a changé… Posons d’ores et déjà la bonne question à ce sujet : plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président, tout simplement ?
C’est cette responsabilité qui m’incombe. Celle de permettre le changement. Un vrai changement. Ce n’est pas ici le lieu d’analyser ce qu’aura été ce quinquennat. Disons simplement que ces cinq années auront été la présidence de la parole et, lui, le président des privilégiés. Voilà la page que je veux tourner. Je mesure la difficulté de la tâche qui m’attend si vous m’accordez votre confiance. Le redressement de nos comptes publics comme celui de notre appareil productif sera long. La reconquête de notre souveraineté financière exigera des efforts considérables et surtout de la justice. Le retour de la confiance appellera une politique qui mobilisera les Français autour de l’avenir : l’éducation, la recherche, la culture, la transition énergétique et écologique.
Je sais aussi nos atouts. Nous sommes un grand pays disposant d’immenses savoir-faire, de remarquables entreprises, d’une recherche féconde, de services publics de grande qualité, d’une démographie dynamique, d’une épargne abondante, d’un attachement profond aux valeurs de la République. Nos ouvriers, nos techniciens, nos ingénieurs, nos chercheurs, nos savants, nos fonctionnaires sont parmi les meilleurs du monde. La productivité de notre travail est une des plus élevées de toutes les économies développées. Notre vie intellectuelle et artistique demeure une des plus riches et suscite toujours l’admiration des peuples.
Cent dix jours nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle. Ce scrutin interviendra dans un contexte que rarement notre pays aura connu depuis le début de la Ve République. La France a pourtant traversé bien des épreuves en un demi-siècle : des crises économiques, de graves mouvements sociaux, de véritables ruptures civiques aussi. Mais en 2012 le choix que vous aurez à faire sera décisif. Décisif, il le sera pour vous, pour vos enfants, pour l’avenir de votre patrie, pour l’Europe aussi, qui attend et espère entendre à nouveau la voix de la France, une France dont elle a besoin pour retrouver un projet et un destin.
Pour la première fois depuis longtemps dans notre histoire nationale, ce choix dépassera, et de loin, les seules questions politiques et partisanes. Comme en 1981, comme en 1958, ce qui est en jeu dans cette élection et dans le choix que feront les Français, c’est plus que la seule élection d’un président, plus que la désignation d’une majorité, plus que l’orientation d’une politique : c’est l’indispensable redressement de la Nation. Ce redressement est possible. Pour le réussir, quatre principes m’inspireront.
La vérité : je ne serai pas le président qui viendra devant vous six mois après son élection pour vous annoncer qu’il doit changer de cap, qui reniera ses promesses faisant mine de découvrir que les caisses sont vides. Les Français sont lucides, ils savent que nous aurons besoin de temps, qu’il faudra faire des efforts à condition qu’ils soient partagés ; mais ils préfèrent des engagements forts sur l’essentiel à un catalogue de propositions.
La volonté : il en faudra pour rétablir les comptes publics, pour relancer la croissance, pour soutenir les emplois. Il en faudra pour redonner confiance aux entrepreneurs, aux salariés, aux fonctionnaires, aux chercheurs. Il en faudra pour réduire les inégalités, répartir différemment les richesses. Il en faudra aussi pour réussir la transition énergétique. Il en faudra surtout pour maîtriser la finance.
La justice : la justice, c’est un impôt équitablement réparti selon les capacités de chacun. La justice, c’est une société qui ne tolère aucun privilège. La justice, c’est ne reconnaître que la seule valeur du mérite. La justice, c’est une école qui accorde la même attention à chaque enfant. La justice, ce sont des soins accessibles à tous. La justice, c’est de pouvoir vivre de son travail. La justice, c’est pouvoir profiter d’un vrai repos après des années de labeur. La justice, c’est vivre en paix et en sécurité partout. La justice, c’est une société qui fait sa place à sa jeunesse.
L’espérance : je veux retrouver le rêve français. Celui qui permet à la génération qui vient de mieux vivre que la nôtre. Celui qui transmet le flambeau du progrès à la jeunesse impatiente, celui qui donne à la Nation sa fierté d’avancer, de dépasser ses intérêts et ses catégories d’âge et de classes pour se donner un destin commun, qui nous élève et nous rassemble. Cette espérance n’est pas vaine. Elle est le fil qui renoue le récit républicain.
Je sais que beaucoup d’entre vous se demandent si notre pays a encore le choix de son destin ou s’il est condamné à appliquer un programme décidé ailleurs ou dicté par les marchés financiers. Beaucoup doutent de notre capacité collective à décider de notre avenir, et de notre liberté de nous mettre en mouvement selon nos valeurs et notre modèle social. Beaucoup s’interrogent sur la réalité de notre souveraineté. A tous ces Français, je veux dire : oui, nous pouvons, même dans une économie mondialisée, maîtriser notre destin. Nous le pouvons en comptant d’abord sur nos propres forces, et en agissant au niveau de l’Europe, à condition que celle-ci soit réorientée. Ce sera une des responsabilités principales du prochain chef de l’Etat. Nous sommes capables de nous dépasser chaque fois que nous nous mobilisons sur une cause qui nous rend fiers. La France est un grand peuple, capable du meilleur s’il retrouve la confiance en lui, la confiance en l’Etat et en celui qui l’incarne.
Je veux aussi combattre ce scepticisme qui mine la démocratie, lever ce doute qui ronge les esprits quant à notre capacité à vivre ensemble. Je veux rappeler que la gauche et la droite, ce n’est pas la même chose. Il peut y avoir des défis incontournables. Il n’y a jamais une seule politique possible pour les relever. Le prétendre est un leurre ; pire, un mensonge. L’élection présidentielle qui vient sera le moment de la confrontation démocratique, celles des idées, des projets, des visions de la France et de l’Europe, des femmes et des hommes aussi. Je n’ignore rien des tentations d’électeurs souvent issus des classes populaires pour l’extrême droite. Ma campagne sera aussi tournée vers eux. Je leur parlerai net. J’entends leur colère et leur désarroi. Et je leur démontrerai que l’extrémisme, outre qu’il n’apporterait aucune solution à leurs difficultés, n’est pas digne des valeurs de notre pays. Plus que l’irréalisme des positions économiques du Front national ou l’illusion d’un repli derrière des barrières devenues des barbelés, c’est la violence sociale et la vindicte ethniciste qui menaceraient la République. C’est un des enjeux de ce scrutin.
Enfin, je respecte profondément toutes les candidatures de la gauche comme celle des écologistes. Elles peuvent marquer des orientations, affirmer des exigences, ouvrir des alternatives, susciter des débats, mais ce n’est pas faire preuve d’une quelconque prétention hégémonique que de penser qu’il sera difficile pour l’une d’entre elles d’être présente au second tour. Dès lors, il me revient d’incarner l’alternance et de permettre le changement. Rien n’est acquis. Beaucoup va dépendre de la gauche, de son esprit de responsabilité, de son courage, de sa cohérence, de son audace. Mais aussi de la force de ma propre candidature. J’aurai à affronter la droite accrochée à son pouvoir et liée aux puissances de l’argent, je resterai proche de vous pour porter une grande ambition collective : celle de renouer avec l’esprit de justice et l’idée de progrès.
Comme il y a trente et un ans, avec François Mitterrand, si nous savons nous en montrer dignes c’est vers nous que les Français vont se tourner le printemps prochain. C’est vers moi qu’ils porteront leurs suffrages et leur confiance, c’est à moi qu’ils confieront la responsabilité de diriger le pays. J’y suis prêt.
SEOUL (de Jung Ha-Won, AFP) — Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il est mort samedi d’une crise cardiaque, léguant à son fils Kim Jong-Un désigné pour sa succession, un pays parmi les plus fermés au monde, doté de l’arme nucléaire mais isolé au plan diplomatique, ainsi qu’une économie moribonde.
Kim Jong-Il, dont la santé s’était rapidement dégradée après un accident cérébral en 2008, était âgé de 69 ans, selon sa biographie officielle.
Il dirigeait d’une main de fer depuis la mort de son père, Kim Il-sung, en 1994, la République populaire démocratique de Corée (RPDC), unique dynastie communiste de l’Histoire où règnent culte exacerbé de la personnalité, censure, exécutions et internements arbitraires dans des camps considérés par les ONG comme des mouroirs de masse.
Kim Jong-Un, plus jeune fils du dirigeant Kim Jong-Il, a été décrit très officiellement comme le “grand successeur” de son père.
“A l’avant-garde de la révolution coréenne se trouve à présent Kim Jong-Un, grand successeur de la cause révolutionnaire du Juché et chef remarquable de notre parti, de notre armée et de notre peuple”, a rapporté l’agence officielle nord-coréenne.
Le Juché désigne l’idéologie développée par le fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-Sung, père de Kim Jong-Il et grand-père de Kim Jong-Un, mélange de communisme et d’autosuffisance.
Les Etats-Unis ont immédiatement fait savoir qu’ils surveillaient la situation “de près” en soulignant que Washington souhaitait la “stabilité” dans la péninsule coréenne.
“Nous surveillons de près les informations sur la mort de Kim Jong-Il. Le président (Barack Obama) a été mis au courant, et nous sommes en contact étroit avec nos alliés en Corée du Sud et au Japon”, où les Etats-Unis possèdent des bases avec des milliers d’hommes stationnés, a affirmé un porte-parole de la Maison Blanche dans un court communiqué.
“Nous restons engagés à la stabilité dans la péninsule coréenne, et à la liberté et la sécurité de nos alliés”.
La mort de Kim survient alors que Washington et Pyongyang avaient relancé leurs consultations directes ces derniers mois au sujet du nucléaire nord-coréen, avec parfois l’intercession de la Chine, l’un des derniers soutiens du régime.
A Pékin, le drapeau de l’ambassade nord-coréenne a été descendu à mi-mât lundi matin, a constaté un photographe de l’AFP.
En Corée du Sud, l’armée a été placée en état d’alerte et le gouvernement a annoncé une réunion en urgence de son Conseil de sécurité national. Les deux Corées restent techniquement en état de conflit armé depuis l’armistice précaire signé à l’issue de la guerre de Corée (1950-53).
Les Sud-Coréens oscillaient entre craintes et espoir lundi matin à Séoul.
“Je pense que la Corée du Nord va finalement s’ouvrir beaucoup plus tôt que prévu”, estimait ainsi un homme d’affaires, Ko Jae-Lin.
Le Japon, ancienne puissance coloniale en Corée (1910-1945), a annoncé une réunion d’urgence du gouvernement et présenté ses “condoléances” pour le “décès inattendu” de Kim.
“Le gouvernement japonais espère que cette situation ne va pas avoir de conséquences négatives sur la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne”.
Né officiellement le 16 février 1942, Kim Jong-Il est décédé le samedi 17 décembre à 08H30 locales (le 16 décembre à 23H30 GMT) d’un “infarctus du myocarde sévère et une crise cardiaque” dans son luxueux train blindé, au cours d’un déplacement en province, selon l’agence nord-coréenne.
Kim, dont la biographie officielle et apologique souligne le sacrifice permanent de sa vie pour son pays, “a succombé à un grand épuisement mental et physique”, a-t-elle souligné.
Une présentatrice en pleurs a également annoncé sa mort à la télévision d’Etat, rappelant les scènes d’hystérie –pour partie orchestrées, soulignent les détracteurs du régime– qui avaient accompagné la mort de Kim Il-Sung.
Promu ces dernières années aux plus hautes fonctions militaires et politiques, le futur leader nord-coréen, Kim Jong-Un, est largement énigmatique.
Les médias officiels ont appelé les Nord-Coréens à le reconnaître comme leur nouveau leader.
“Tous les membres du Parti (des travailleurs, ndlr), les militaires et le public devraient suivre fidèlement l’autorité du camarade Kim Jong-Un”, a exhorté l’agence KCNA.
Les funérailles nationales de Kim Jong-Il ont été fixées au 28 décembre à Pyongyang. Les autorités ont décrété un deuil du 17 au 29 décembre.
Beaucoup de choses se sont passées, entre la France et l’Allemagne, depuis la mort de l’Empereur “franco-allemand” Charlemagne (Karl der Große), le 28 janvier de l’an 814 à Aix-la-Chapelle (Aachen). Bientôt mille deux cents ans d’histoire “séparent” ces deux nations fratricides, pourtant “ré-unies” depuis l’époque De Gaulle – Adenauer au sein de ce qu’on se plaît à nommer le “couple franco-allemand” ou encore, de façon plus cynique et contemporaine, “Merkozy”- (voire “Sarkel”-) Land.
En premier lieu, il y eut la terrible guerre de Trente Ans (1618-1648) au cours de laquelle une grande partie de la population allemande fut décimée par toutes les armées européennes qui se livrèrent bataille sur le sol d’une “Allemagne” qui n’existait pas encore comme Nation : 60% de la population d’Europe centrale aura été massacrée au cours de ces innombrables actions guerrières. Certains vont jusqu’à dire que la mémoire indélébile de ces guerres interminables pourrait expliquer (pour une part) les ravages de l’hitlérisme. – Cette période vit également la révocation (militaire) de l’Édit de Nantes (1629) dont la révocation définitive en 1685 par le Roi Soleil occasionna la fuite d’un grand nombre de protestants français vers la Prusse et notamment la ville de Berlin, qui connut alors un essor formidable. D’ailleurs, ne parlait-on pas français à la cour du Vieux Fritz (Frédéric II) autour de Voltaire et La Mettrie (1740-1786) ?
Puis il y eut la Révolution Française et les guerres napoléoniennes, avec cet autre apport positif du Code Civil, qui fut accueilli favorablement par une bonne partie de l’intelligentsia allemande. Ce qui n’empêcha pas la poursuite des massacres fratricides …
Ensuite, la guerre franco-prussienne de 1870 précipita la très tardive constitution de la Nation allemande. Enfin deux guerres “mondiales” donnèrent lieu à l’industrialisation du massacre, la Première ayant fait le nombre incroyable de 40 millions de morts en seulement quatre ans (1914-1918). Disposant de deux années supplémentaires (1939-1945), la Seconde porta ce chiffre au record absolu de près de 65 millions de morts dont quelque 42 millions de civils !
Bien évidemment, cette histoire sanglante ne saurait s’effacer d’un coup de baguette magique, ou d’éponge libéral-européaniste à la Sarkel Merkozy !
Il y a également la différence linguistique : deux belles langues qui ont donné naissance au génial “XVIIe” français (Racine, Corneille, Molière, La Fontaine, Descartes, Pascal…) et, avec le retard qui est le sien, au classicisme allemand des années 1780-1830 (Goethe, Schiller, Kleist, Herder, Kant, Schelling, Hegel, Hölderlin …). Deux langues qui, tout en partageant une origine indo-européenne commune, se distinguent l’une par le caractère “anglo-saxon” du Nord, l’autre par l’enracinement latin du Sud de l’Europe, et ce même si l’allemand emprunte au français un grand nombre de ses Fremdwörter (mots étrangers), qui sont prisés comme au temps des Huguenots par les intellectuels, et coexistent dans les dictionnaires à côté de leurs formes “germanisées”.
S’est-on fait la guerre parce qu’on ne se comprenait plus, ou ne s’est-on plus compris à force de se faire la guerre ?
Les élections allemandes auront lieu les 15 et 22 septembre 2013. Comme en France, la gauche a remporté tout ce qu’elle pouvait gagner au niveau local ou régional, en sachant que l’Allemagne est un État fédéral où les régions (Länder) jouissent d’une certaine autonomie tout en disposant avec le Bundesrat (Conseil fédéral) d’une chambre nationale. On suppose que Angela Merkel se représente pour les Chrétiens-Démocrates (CDU) et que Peer Steinbrück sera le candidat des Sociaux-Démocrates (SPD). Comme en France, la gauche allemande a une chance de l’emporter au niveau national.
Quel serait le visage du “couple” franco-allemand après une possible victoire social-démocrate dans les deux pays ? Les Allemands consentiraient-ils, par exemple, à introduire le Smic et à revoir la couverture sociale des “plus démunis” ? Le PS français accepterait-il, par exemple, à se réformer pour tendre davantage vers une social-démocratie moderne, puisque cela semble le seul moyen de faire passer les idées de la gauche au sein de l’Europe ?
Le Nouvel Observateur relaye une note de Reuters ce 16 décembre 2011 [ici] :
NATIONS UNIES (Reuters) – La mort de Mouammar Kadhafi pourrait constituer un crime de guerre, a déclaré jeudi le procureur de la Cour pénale internationale (CPI).
L’ancien dirigeant libyen est mort le 20 octobre peu après sa capture par les insurgés près de Syrte. “Je pense que la manière dont M. Kadhafi a été tué donne naissance à des soupçons de (…) crimes de guerre”, a dit Luis Moreno-Ocampo à des journalistes.
“Je pense que c’est un problème très important”, a-t-il poursuivi. “Nous avons entrepris de porter cette préoccupation auprès des autorités nationales et ces dernières élaborent un plan destiné à mettre au point une stratégie globale pour enquêter sur tous ces crimes.”
Luis Moreno-Ocampo a ajouté qu’il enquêtait sur des soupçons de crimes de guerre de la part des insurgés ayant renversé Mouammar Kadhafi et de la part de l’Otan, qui leur a fourni son appui.
Sous la pression de ses alliés occidentaux, le Conseil national de transition (CNT) libyen s’est engagé à enquêter sur les conditions de la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim.
Des images prises par des téléphones portables montrent les deux hommes vivants après leur capture par les insurgés. Mouammar Kadhafi est cependant frappé et bousculé. Selon la version du CNT, il est mort ensuite dans un échange de coups de feu entre ses partisans et les insurgés.
Pascale Robert-Diard du Monde conclut son article sur le procès de l’ancien président Chirac comme ceci [ici] :
“Lorsque, jeudi 15 décembre, le président Dominique Pauthe a lu les principaux extraits du jugement qui reconnaissait Jacques Chirac coupable d’abus de confiance, détournements de fonds publics et prise illégale d’intérêt et le condamnait à deux ans d’emprisonnement avec sursis pour avoir“multiplié les connexions entre son parti et la municipalité parisienne” et “manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques au mépris de l’intérêt général”, on s’est alors souvenu de ces phrases de Jacques Chirac, contenues dans une lettre lue à l’audience par son avocat Me Jean Veil: “Le principe de responsabilité est au cœur de l’action politique. Je mesure que ce rendez-vous est nécessairement un instant politique. Je crois qu’en permettant de remettre les choses à leur vraie place, [ce procès] peut être bénéfique à notre démocratie. Il donne tort aux démagogues qui soutiennent que, dans notre pays, la justice serait sévère aux faibles et complaisante aux puissants.” Des mots qui sonnaient juste dans un procès devenu, soudain, oui, historique.”
Ainsi, la rédactrice résume le sentiment ambiant sur cette affaire qui, on en conviendra, aura changé du tout au tout entre les années de pouvoir et les années de “déchéance” du président Chirac …
Voici le résumé du compte-rendu publié par l’Insee ce 15 décembre 2011 [ici], qui fait déjà couler beaucoup d’encre et risque d’exercer une forte pression sur la campagne électorale :
Dans la zone euro, la dégradation de la situation économique, perceptible à partir de l’été 2011, s’est confirmée à l’automne. Elle s’est accompagnée de tensions croissantes sur le financement des dettes publiques, notamment en Italie. Ces tensions se sont ensuite étendues au système financier, malgré les interventions récentes des banques centrales pour alimenter le système bancaire en liquidités.
Ces turbulences devraient affecter à son tour l’économie réelle. Les conditions de financement des entreprises et des ménages commencent en effet à se durcir dans la zone euro. Les anticipations des chefs d’entreprise sont mal orientées, comme l’attestent les dernières enquêtes de conjoncture. La zone euro traverserait ainsi cet hiver un court épisode récessif. Cet épisode récessif serait d’intensité variable selon les pays, plus marqué et plus durable en Espagne et en Italie, où la demande intérieure est très affaiblie, qu’en Allemagne ou en France.
Ainsi en France, l’activité se contracterait légèrement au quatrième trimestre 2011 (-0,2 %) et au premier trimestre 2012 (-0,1 %) avant de progresser faiblement au deuxième trimestre 2012 (+0,1 %). La demande des entreprises, moteur de la reprise depuis deux ans, finirait par fléchir : face à des perspectives d’activité atones, et au resserrement de leurs conditions de financement, les entreprises réduiraient leurs dépenses d’investissement. Parallèlement, l’emploi reculerait dans les secteurs marchands jusqu’à mi-2012, et le chômage s’inscrirait en hausse à cet horizon. Les ménages, confrontés à la dégradation du marché du travail et à la stagnation de leur pouvoir d’achat, maintiendraient un niveau d’épargne élevé : la consommation ne soutiendrait donc que faiblement la croissance française jusqu’à mi-2012.
L’affaiblissement de l’activité dans la zone euro n’aurait sur le reste de l’économie mondiale que des effets limités. En effet, la consommation des ménages américains résisterait ; l’activité au Japon serait soutenue par les besoins de la reconstruction ; et les économies émergentes, notamment la Chine, mobiliseraient leurs marges de manœuvre monétaires et budgétaires pour relancer l’activité. Le commerce mondial apporterait donc un soutien, modeste, à l’économie européenne d’ici l’été 2012.
Cette prévision est affectée d’un degré inhabituel d’incertitude, et est soumise à de nombreux aléas. En particulier, dans un contexte de grande nervosité sur les marchés, les tensions financières dans la zone euro pourraient s’amplifier et venir gripper le système financier mondial. À l’inverse, la mise en œuvre de mesures permettant de restaurer la confiance des agents économiques pourrait entraîner un retournement des anticipations, et provoquer un rebond plus marqué de l’activité dans la zone euro, et donc en France.
Le chef de l’ONU Ban Ki-moon a pressé la communauté internationale d’agir concernant la Syrie où les violences ont encore fait mercredi 29 morts, dont 21 civils, alors que la contestation du régime du président Bachar al-Assad entre jeudi dans son dixième mois.
“Plus de 5.000 personnes sont mortes en Syrie. Cela ne peut plus durer. Au nom de l’humanité, il est temps pour la communauté internationale d’agir”, a déclaré le secrétaire général de l’ONU lors d’une conférence de presse.
Vingt et un civils ont été tués mercredi par les forces militaires et de sécurité en Syrie, dont onze dans la région de Hama, à 210 km au nord de Damas, selon un bilan provisoire de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) qui a précisé que des “affrontements entre déserteurs et soldats réguliers de l’armée” étaient en cours dans cette région.
A Homs (centre), cinq civils ont été tués par des tirs nourris de mitrailleuses dans des quartiers comme al-Bayyada et Baba Amro, alors qu’à Idleb (nord-ouest), près de la frontière turque, trois civils ont été tués par des tirs des forces de sécurité à Maar Masrine.
“Une femme irakienne a péri sous les balles de tireurs embusqués à Zabadani” dans la province de Damas, et à Deraa (sud). Un civil a été tué par des tirs de la sécurité à Bosr al-Harir, dans la région de Deraa, berceau de la contestation. Des affrontements entre déserteurs et forces de sécurité avaient lieu dans le village al-Loujat, selon la même source.
Quatre autres personnes ont péri également à Homs, “à la suite d’actes de torture ou de blessures reçues il y a quelques jours”.
Dans la matinée, huit soldats ont été tués dans la province de Hama une attaque menée par des déserteurs contre l’armée régulière à l’entrée du village de Acharna, en riposte à la mort plus tôt dans la matinée de cinq civils visés dans leur voiture par les forces gouvernementales.
Près de la capitale, les liaisons téléphoniques étaient coupées depuis l’aube à Douma alors que des tirs nourris étaient entendus près du bâtiment de la Sécurité de l’Etat dans cette ville à 20 km de la capitale, selon l’OSDH.
A New York, M. Ban a estimé que “la situation est très inquiétante”. “J’espère que les Nations unies seront en mesure de prendre des mesures concertées”, a-t-il ajouté.
Le Conseil de sécurité des Nations unies n’arrive pas à se mettre d’accord sur une résolution condamnant la répression sanglante en Syrie, du fait de l’opposition de la Russie et de la Chine, qui disposent d’un droit de veto.
Ban Ki-moon a indiqué qu’il avait transmis “ces derniers jours” au Conseil de sécurité un rapport du Conseil des droits de l’Homme condamnant le régime de Damas pour les exactions commises en Syrie.
Un double veto russo-chinois avait torpillé le 4 octobre un projet de résolution sur la Syrie et, depuis, les quinze pays membres du Conseil de sécurité n’arrivent pas à se mettre d’accord, la France ayant estimé que c’était “un scandale”.
Auparavant, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l’opposition, avait de nouveau appelé la communauté internationale à protéger la population civile face à la répression sanglante de la contestation depuis le 15 mars.
“Les membres du Conseil de sécurité (…) doivent trouver de nouveaux moyens afin de protéger les civils en Syrie”, a affirmé Bassma Kodmani, porte-parole du CNS dont le premier congrès se tiendra du 16 au 18 décembre à Tunis.
Les violences en Syrie ont une nouvelle fois touché mercredi le Liban voisin. Deux personnes ont été blessées par des tirs d’une patrouille militaire syrienne entrée en territoire libanais, où elle a ouvert le feu sur la localité frontalière de Khirbet Daoud à Aarsal, a indiqué un responsable libanais.
Cinq Syriens ont également été blessés par des tirs à Qousseir, une ville syrienne frontalière avec le Liban, et ils ont été transportés clandestinement au Liban où ils ont été hospitalisés, a indiqué une source médicale.
Par ailleurs, la grève décrétée depuis dimanche par les militants pro-démocratie se poursuivait à Deraa, Homs, Hama, Idleb et Douma, ont indiqué des militants et des habitants.
Sur leur page Facebook, les militants pro-démocratie ont appelé les Syriens à poursuivre un mouvement de désobéissance civile lancé la semaine dernière pour faire pression sur le régime Assad.
“La deuxième étape a commencé, nous allons fermer nos portables pendant quatre heures les après-midi, bloquer les rues, aller au travail mais sans vraiment travailler”, ont écrit les militants qui entendent “couper les moyens financiers du régime, avec lesquels il tue nos enfants”.
Lundi, “personne n’a voté aux municipales. La grève continue depuis dimanche et les élèves ne vont pas à l’école”, a indiqué de son côté Hachem, un habitant de Kanaker, à 50 km au sud de Damas.
Devant une commission de la Chambre des représentants amércains, Frederic Hof, coordinateur des Affaires régionales pour le Moyen-Orient au département d’Etat, a déclaré: “Notre point de vue est que ce régime (syrien) est l’équivalent d’un mort-vivant”.
Voici un article de Roger-Pol Droit sur Georges Canguilhem, paru dans Le Monde des Livres (8/12/11)
“Ecrits philosophiques et politiques (1926-1939). Œuvres complètes, tome I”, de Georges Canguilhem – “Le tranchant de maître Cang”
Chez les philosophes, on l’appelait “le Cang”. Ses jugements étaient redoutés autant que révérés. Sa légende mêlait intransigeance, exactitude et exigence, des vertus souvent oubliées par les philosophes contemporains. Raymond Aron, dans ses Mémoires, s’en est souvenu : “Parfois il terrifiait les étudiants, mais il fut toujours respecté par eux.” Si de ce maître on connaissait le mordant, la lucidité sans compromis, on admirait son savoir jamais pris en défaut et, plus encore, sa réserve souveraine. Comme il avait depuis toujours choisi la cohérence et la rigueur, comme il haïssait les démagogues, les hâbleurs et les bateleurs, Georges Canguilhem cultivait avec soin une modestie extrême. De lui, on ne savait que le minimum : enfant de la campagne, élève d’Alain, normalien avec Sartre et Nizan, directeur de l’inspection générale de philosophie en 1948, professeur à la Sorbonne de 1955 à 1971. Sans oublier l’essentiel : quelques études devenues classiques sur la naissance du concept de réflexe, le normal et le pathologique, la connaissance du vivant. Mais guère plus.
Ses dernières volontés n’arrangent rien : aucun hommage, aucune cérémonie, aucune “société des amis de…” Et aucun inédit ! Pareil sens du retrait a évidemment nui à la connaissance de sa vie comme à la reconnaissance de son oeuvre. Cet homme n’aurait dit à personne qu’il était un héros de la Résistance, responsable des réseaux Libération-Sud, organisateur d’hôpitaux de campagne pour les combattants clandestins. Ce philosophe, “normalien-paysan”, était aussi médecin et avait mis son savoir au service des maquisards. Mais lui, pour évoquer les années de guerre, préférait célébrer la mémoire de Jean Cavaillès, l’un de ses condisciples philosophes de la rue d’Ulm, arrêté, torturé et fusillé. Canguilhem soulignait au passage que les penseurs du concept ne font pas de différence entre rectitude logique et droiture morale. C’est pourquoi ils se sont mieux comportés, sous le nazisme, que beaucoup de ceux qui n’avaient à la bouche que “la personne” et “la conscience”, et dont on attendit en vain quelque dignité.
Sa “modestie ombrageuse”, comme dit Jacques Bouveresse, a sans doute desservi la notoriété de Canguilhem. On a parfois jugé qu’il valait plus par ses disciples, tels Michel Foucault ou Dominique Lecourt, que par ses propres travaux. On a reconnu sa compétence originale comme historien des idées de la biologie et de la médecine, mais pas son envergure théorique de première grandeur. Voilà un malentendu grossier que la publication des Œuvres complètes va dissiper. Six volumes et quelques milliers de pages plus tard, on en reparlera. Car il se pourrait bien que le regard de la postérité soit, un jour, tout autre.
Pour l’heure, c’est carrément un auteur inconnu que ce premier gros volume fait découvrir. Il rassemble tous les textes épars du jeune Canguilhem, de 1926 à 1940, que personne n’a lus depuis lors. On s’y plonge d’abord avec jubilation, car à l’évidence ce penseur est un styliste. Chez lui, le tranchant des phrases s’ajuste exactement à l’acuité des analyses. Pour les lecteurs des grandes oeuvres de la maturité, ce n’est certes pas une surprise. En revanche, ce qui étonne, ici, est bien de découvrir, aux antipodes du professeur en retrait, un Canguilhem politique, un intellectuel fortement engagé, en un temps où Sartre ne l’était même pas.
Au lycée Henri-IV, c’est sous le magistère d’Alain que le jeune homme découvre la philosophie. Cette rencontre, qui va décider de toute sa vie, se fait sous le signe de la liberté de penser et du pacifisme le plus radical. Collaborant aux Libres propos, le journal d’Alain, le jeune philosophe consacre aux sujets du bac, aux livres du jour ou à la bêtise ambiante des textes mordants, dont la vacherie s’est rarement émoussée. Avec dureté, il combat surtout, des années durant, militarisme, bellicisme et tout uniforme de soldat.
Longtemps pacifiste radical, dans le droit-fil de son maître Alain, Canguilhem va toutefois s’éloigner de cette mouvance. La plupart des autres “alanistes” finiront dans le cloaque de la Collaboration, mais lui sera d’emblée chez les résistants. Le plus passionnant est de tenter de comprendre, en lisant ces textes, où se fait la rupture, et ce qui la motive. On l’aperçoit en lisant sa brochure sur Le Fascisme et les Paysans, rédigée pour le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, ou son Traité de logique et de morale, cosigné avec Camille Planet et publié en 1939.
Mais on peut l’entrevoir aussi dès l’un des premiers textes, où le jeune Canguilhem forge cette maxime : “Les conditions, qui les connaît les change.” En un sens, tous les fils de son oeuvre peuvent se relier à cette phrase : la nécessité d’être attentif aux faits, la volonté de choisir au nom des valeurs et non de subir au nom des faits, l’exigence de comprendre pour agir, la revendication suprême d’une responsabilité humaine envers l’histoire, sur son versant technique comme sur son versant politique. Ajoutez-y son exploration de la biologie, où se joue désormais le XXIe siècle, et vous comprendrez pourquoi, au lieu d’être un professeur d’hier, maître Cang a tout d’un philosophe pour demain.
Roger-Pol Droit
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ECRITS PHILOSOPHIQUES ET POLITIQUES (1926-1939). ŒUVRES COMPLÈTES, TOME I de Georges Canguilhem. Edité sous la direction de Jean-François Braunstein et Yves Schwartz, préface de Jacques Bouveresse. Vrin, 1 032 p., 38 € (en librairie le 12 décembre).
Citons également Le Normal et le Pathologique, la thèse de GC, parue en 1943 et rééditée aux PUF.
Ce n’était qu’une formalité : à parcourir ces pages, la candidature Bayrou relevait de l’évidence la plus cristalline… De nombreuses questions cependant : le “ni droite ni gauche” peut-il encore mobiliser 18,5% de l’électorat français comme en 2007 ? Et, si tel était le cas, le mutisme bayrousien de l’entre-deux-tours 2007 favoriserait-il à nouveau le “champion” annoncé de la droite ? ou bien, fort de la leçon de 2007, un “ticket” Hollande-Bayrou serait-il envisageable ? …
En guise de réponse à ces questions, l’AFP écrit (8/12/11) : Le président du MoDem François Bayrou, candidat à l’élection présidentielle, a assuré jeudi ne “rouler en secret” pour personne, ne pas avoir “de plan B” et n’avoir passé notamment “aucun pacte” avec Nicolas Sarkozy. – Interrogé dans l’émission “des paroles et des actes” (France 2) sur la consigne de vote qu’il pourrait donner entre les deux tours s’il n’était pas parmi les finalistes de la présidentielle, François Bayrou a expliqué qu’évoquer cette hypothèse empêchait “de mener une campagne de vainqueur” – “Ce qu’on essaie d’introduire goutte à goutte dans l’esprit des Français, c’est l’idée que, quelles que soient les propositions que l’on a, il faut choisir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Nous sommes des millions de Français qui en avons par dessus la tête que la vie politique se résume entre PS et UMP”, a-t-il dit en rappelant avoir déjà dit qu’il “prendrait ses responsabilités”. – Interrogé sur un éventuel rapprochement avec Nicolas Sarkozy, le président du MoDem a affirmé ne rouler ni pour Nicolas Sarkozy, ni pour François Hollande ni pour personne d’autre”. “Je refuse d’être abêti par ce clivage droite-gauche. Mon adversaire du premier tour, c’est l’abandon dans lequel se trouve notre pays”, a-t-il lancé en réfutant toute complaisance vis-à-vis du chef de l’État. – “Il n’y a entre nous ni pacte, ni projet de pacte, ni l’ombre d’un pacte et il n’y en aura jamais”, a-t-il lancé tout en jugeant que “s’il (…) avait été réceptif, cette idée qui avait traversé l’esprit (du chef de l’État) aurait avancé un peu plus”. – “J’ai six enfants qui pensent tous que je dis la vérité et vous pensez que je vais dilapider ce capital là de confiance en allant faire des accords souterrains pour être ministre et porter des chapeaux à plumes”, a-t-il . – François Bayrou s’est amusé des mains tendues à son endroit de plusieurs ministres du gouvernement, dont Claude Guéant. – “Quand j’entends Guéant dire que je suis de la famille, je me dis qu’il a un sens de la famille recomposée”, a-t-il ironisé. – Quant à François Hollande, “je le connais depuis longtemps. J’ai du respect pour lui mais je suis en désaccord profond avec le programme qu’il a choisi et la mécanique d’appareil de parti dans lequel il s’est mis”, a-t-il dit.